mercredi 1 novembre 2017

Le suivi de la fréquence cardiaque et l'EM


Je lutte avec mon besoin de perfection depuis quelques jours en écrivant ce billet. 
Comme je risque de n'être jamais satisfaite j'ai décidé de lâcher prise aujourd'hui :)

Depuis le dernier billet, j’ai lu plusieurs documents en anglais qui expliquent les concepts, les récits d’expériences, divers conseils et recommandations etc. en la matière. Je vais tenter d’expliquer ce que j’en ai compris.

Avant toute chose, gardons en tête que le suivi de la fréquence cardiaque pour les personnes affectées par l’EM (PAEM) n’est pas un traitement comme tel mais bien plutôt un outil qui permet de gérer plus efficacement sa maladie.  Pour les fins de ce billet, j’ai pigé dans plusieurs textes ou documents dont j’ai traduit certaines parties qui m’apparaissaient pertinentes. À ce titre, ce billet ne prétend pas être de nature scientifique ou médicale mais bien plutôt une ébauche de quelques notions utiles pour comprendre ce qu’il en est.

La fréquence cardiaque  💖


Le coeur est une pompe qui peut nous apporter différentes indications 
sur ce qui se passe dans notre corps. 

De nombreuses études suggèrent que des problèmes du système nerveux autonome (SNA) 
sont présents à la fois dans l'EM/ SFC et la fibromyalgie.   Le suivi de la fréquence cardiaque 
à différents moments du jour est un moyen de mesurer et de suivre la fonction de notre système 
nerveux autonome.  
 
 
D’après des témoignages lu, le suivi quotidien de la fréquence cardiaque permettrait :  
 
-de suivre les progrès au jour le jour et les tendances à long terme ("pattern")
-de déterminer un niveau d'activité et un rythme durables, 
-d’évaluer objectivement l'impact de certains traitements, à comprendre ce qui se passe 
dans le corps et ce que signifient divers symptômes.  
-permettrait même de prédire l’apparition d’un épuisement 
neuro-immunitaire (ou crash).

Simplifié à l’extrême, les personnes affectées par l’EM/SFC  doivent éviter de franchir le seuil d’anaérobie, car ainsi, l’enveloppe énergétique explose. Quand une PAEM franchit ce seuil et y reste plus de 2-3 minutes, elle se retrouve en mauvaise posture sur le plan énergétique, au risque de se retrouver en épuisement neuro-immunitaire post effort (ENPE) ou communément appelé « crash » dans le jargon populaire.   

Les périodes d’ENPE coutent cher à la PAEM : augmentation significative des symptômes, insomnie, diminution marquée de l’appétit, de l’énergie etc., sans compter que la personne se retrouve souvent alitée pour plusieurs heures voire des jours pour tenter de calmer le système nerveux. De ce que j’ai lu en anglais, on recommande alors un « agressive resting »  un "repos agressif" pour calmer le système nerveux et le corps : pas de musique, de télé, d’internet, couché dans une pièce sombre sans aucune stimulation.  Selon la gravité de l'ENPE, ce type de repos peut prendre des jours et des jours avant de rétablir l’enveloppe énergétique d’une PAEM.

De ce que j’en comprends, les PAEM sont tout à fait à l’inverse des sportifs de haut niveau ou d’athlètes : si ces derniers cherchent plutôt à dépasser ce seuil pour gagner en endurance, en force musculaire etc., il serait souhaitable que les PAEM cherchent à NE PAS atteindre ni dépasser ce seuil, du moins c’est le défi quotidien qui les attend pour ne pas se retrouver en perte grave d’énergie ou en épuisement neuro-immunitaire.

Connaître les zones de fréquences cardiaques sont essentielles pour savoir combien de temps est consacré au repos, à la récupération ou à « l'exagération » (comprendre ici « dépassement » de son seuil anaérobique).

Il est aussi possible de suivre la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) au quotidien, et peut être que j’y viendrai un jour. Ce suivi est passablement plus détaillé et demande encore plus d’observations quotidiennes des réactions du corps.  Pour ceux intéressé par ce suivi, le site Health Rising aborde ce sujet: 

Pour les besoins de la cause et pour simplifier à l’extrême, je crois que se concentrer sur les concepts de zone aérobique et anaérobique sont suffisants pour commencer à se pencher sur la gestion de son énergie. En tout cas, c'est un bon départ.


Voici donc la formule pour calculer son propre seuil d’anaérobie :
                   
220 -  votre âge X  .5 * =   XX nombre de battements par minute maximum


*Pour déterminer le chiffre à multiplier, voici le pointage selon l’évaluation de votre état de santé.

Multipliez par    .5  (si E.M. sévère)

.55 pour E.M. modéré

.6  pour E. M. moyen


Voici ce que donne mon exemple avec les 3 formules :


1.     220 – 56 ans X .5  =  82 battements par minute (bpm)
2.     220 – 56 ans X .55= 90 bpm
3.     220 – 56 ans X .6 =   98 bpm


La semaine dernière, j’étais attentive au seuil anaérobique que je me suis vue franchir  facilement en prenant ma petite marche autour de la maison. Suivant les conseils que j’avais lu, dès que j’ai vu que je franchissais les 95 bpm, je suis rentrée à la maison pour m’étaler tout de suite.  Je me suis reposée environ une heure, et j’ai remarqué comment mon coeur travaillait pour redescendre à une fréquence normale. Au repos, mon battement par minute est environ à 56. Tranquille à la maison, mon bpm se situe entre 65 et 73 environ.  Franchir le seuil anaérobique constitue une zone dangereuse pour l’enveloppe énergétique des PAEM.

Cette seule expérience a été révélatrice pour moi, car j’ai constaté comment je me retrouve souvent à franchir ce seuil, et ce faisant, les vannes énergétiques sont complètement ouvertes :  je  « brûle » tout, et je peine à remonter à un niveau acceptable où je suis capable de fonctionner physiquement.

Comment mesurer sa fréquence cardiaque 📈


Il existe différents moyens de mesurer la fréquence cardiaque.

Il y a de multiples marques de montres d’entrainement offertes sur internet et en magasin qui mesurent une foule de données. J’ai mis la main sur une liste comparative de montres d’entrainement que j’ai mis bien du temps à étudier pour comprendre quel produit fait quoi. J’en ai commandé une, mais j’ai dû la retourner car elle n’enregistrait pas la fréquence cardiaque la nuit, détail que je jugeais essentiel. J’attends une autre montre qui elle, enregistre cette donnée. Ce sera à suivre.

Suivre sa fréquence manuellement

Il est toujours possible de suivre sa fréquence cardiaque sans avoir ce genre de montre : par exemple, si vous avez un appareil qui mesure la pression artérielle, vous pouvez aussi obtenir votre fréquence cardiaque à l’écran, quitte à la prendre plusieurs fois par jour à la maison.

Il y a également la bonne vieille méthode du calcul avec une montre  :)  L’important, c’est de pouvoir la mesurer et étudier ce qui se passe dans notre corps.

D’un point de vue personnel, les avantages d’utiliser une montre d’entrainement sont nombreux : le suivi de la fréquence cardiaque se fait pratiquement tout seul, le visuel de la montre (et l’alarme parfois) indique  si et quand on dépasse le seuil anaérobique.

Associée à une application avec un téléphone intelligent, la montre fournit différents graphiques visuels intéressants qui permettent de suivre ce qui se passe au jour le jour avec sa fréquence cardiaque, le nombre de pas (même dans la maison, c’est pratique), les calories pour ceux que ça intéresse, gestion du poids, suivi de la fréquence sous la douche etc.   C'est à chacun de voir.

De mon point de vue, l’écriture quotidienne de ses propres observations peut être également fort utile comme informations sur notre état de santé avec les informations données par la montre d’entrainement. Par exemple, de multiples facteurs peuvent influencer notre fréquence cardiaque tels que la prise de médicaments, prendre un bain, monter des escaliers,  vivre des émotions fortes etc., peut entrainer une augmentation rapide de la fréquence cardiaque.  

En bref, les PAEM sont des anti-athlètes dans le sens que contrairement aux athlètes,  les PAEM ont intérêt à ne pas franchir leur seul anaérobique afin de demeurer dans les limites de leur enveloppe énergétique. Pour ce faire, un suivi quotidien de sa fréquence cardiaque permet de mieux gérer ses limites. 

Pour ceux qui aimeraient aller plus loin, voici quelques liens d’articles en anglais en lien avec le sujet. Je cherche des documents en français, mais je n’en trouve malheureusement pas.

Épuisement neuro-immunitaire post effort :



Blog d’une femme atteinte d’EM en Angleterre qui parle de l’importance du suivi de la fréquence cardiaque: http://sallyjustme.blogspot.ca/2015/11/HRmonitoring-NICE.html


En terminant, si certains d’entre vous souhaiteraient obtenir la documentation en anglais que j’ai pu obtenir, n’hésitez pas à m’écrire à mwasikitoko07@gmail.com


Bonne lecture et à bientôt  🌻


mardi 24 octobre 2017

Ce qui m'habite

À travers les jours qui passent à une vitesse grand V, j'ai des tonnes d'idées qui me passe par la tête sur ce que j'aimerais écrire sur ce blogue ou en général. Une fois devant le clavier, ces idées sont parties je ne sais où exactement. Je pense m'équiper d'un petit carnet ou bien utiliser le dictaphone de mon téléphone intelligent. 

Quoi qu'il en soit j'ai pensé écrire tout simplement sur ce qui m'habite ces jours-ci. 

Depuis l'épisode de crash suite à une session en physiothérapie, j'ai calmé mes ardeurs de "bougeotte", de vouloir grouiller à tout prix et de marcher, marcher encore. Je me suis penchée sur la question et je me suis rendue compte qu'en grande partie, cette ardeur à tant vouloir bouger est d'abord ancrée dans la peur. 

Peur de perdre ma mobilité, peur de ne plus pouvoir marcher.

Depuis mon adolescence et tout au long de ma vie, la marche a toujours été un exutoire merveilleux pour me rasséréner, m'oxygéner, réfléchir ou me vider l'esprit. En soi, avoir peur n'est pas mauvais. Sauf que ça m'a fait réaliser que si c'est la peur qui me pousse à marcher alors je pourrai bien avoir tendance à ne pas prendre en considération la vraie enveloppe énergétique de mon corps. La peur est bien mauvaise conseillère parfois pour évaluer objectivement ce que mon corps est vraiment en mesure de m'offrir en terme énergétique. Depuis l'apparition de l'encéphalomyélite myalgique dans ma vie, ma capacité de marche a considérablement diminuée. Je ne peux plus marcher autant ni aussi longtemps que je le voudrais. Je marche mais beaucoup moins.

Je suis consciente que je "force" parfois sinon souvent à marcher.

Eh oui, encore...

Suite à ce constat qui m'a fait ralentir mes ardeurs, je suis tombée par hasard sur une page Facebook intitulée "ME/CFS Pacing with a Heart monitor". Ce groupe fermé (en anglais seulement) est uniquement concentré sur le contexte de "pacing" avec l'utilisation de moniteur de fréquence cardiaque (bracelet ou "chest trap"). Je me rappelle avoir entendu parler de cet outil de gestion il y a de cela plusieurs années, surtout au début du diagnostic mais cela reste vraiment flou dans ma mémoire trouée. 




Bref, je suis à étudier comment ça fonctionne, mais de ce que j'en sais pour le moment, c'est que les personnes affectées par l'EM (PAEM) ont une enveloppe d'énergie très faible, au cas par cas. Un bon suivi serré de la fréquence cardiaque mesurée selon les différentes activités telles que prendre une douche, se tenir debout, préparer un repas (!!) etc., nous aide à visualiser concrètement quand nous dépassons la limite énergétique de notre corps. Plus encore, l'observation des graphiques mesurant ces fréquences cardiaques selon ce que l'on fait ou ne fait pas, permettrait même de prédire quand les PAEM sont en perte de vitesse avant même d'entreprendre une activité. Par exemple, une PAEM témoignait qu'avant même de sortir du lit, elle savait que sa journée serait difficile sur le plan des énergies disponibles, rien qu'à voir les mesures des graphiques. Plusieurs PAEM qui utilisent cet outil de gestion témoignent combien cela leur est utile pour demeurer dans les limites énergétiques et ainsi à mieux gérer le quotidien. 

Je commence tout juste à lire sur ce sujet, avec un ralentissement cognitif qui me décourage un peu, je l'avoue. "Avant", j'aurais déjà tout digéré ces textes et j'aurais pu vous en faire un meilleur exposé mais bon, tant pis c'est comme ça maintenant. Je préfère encore vous en informer même si ce n'est pas encore complet pour que peut être, ce sujet vous aide présentement ou vous interpelle.

Dans tous les cas, je poursuis ma lecture et plus j'avance, plus je trouve cela fascinant de voir tout ce que peut me rapporter un suivi de la fréquence cardiaque pour savoir où j'en suis avec mon énergie. Il est possible de suivre sa fréquence cardiaque à l'oeil nu, sans appareil. Par contre, les différentes marques de bracelets de ce type offrent des performances variées. De ce que j'en sais pour le moment, il importe de mesurer les fréquences cardiaques de la journée, celles enregistrées pendant le sommeil également. De toute manière je reviendrai sur ce sujet un peu plus tard. 

J'espère que d'ici là, j'aurai piqué votre curiosité :)

Suite à cette découverte, j'ai ressenti de la joie.
En oui, de la joie!
Rare que je dise cela.
Joie de pouvoir mieux contrôler mon énergie, et d'avoir un outil de ce genre pour m'appuyer dans ma gestion énergétique  Joie, enthousiasme à comprendre, à étudier la chose à mon rythme bien lent.

Je me sens un peu plus sereine face à ce que je vis présentement. 
Il y a un ralentissement général dans mon corps et ses capacités. 
Étrangement, ce constat me va.
Ralentissement temporaire ou permanent? 
Je ne sais pas, le temps le dira.
Et l'étude de cet outil tombe à point nommé dans ma vie.






Ce qui m'habite aussi, ce sont les jolies couleurs de l'automne qui se déploient un peu partout.
Ma cour est gorgée de couleurs incroyables, un pur ravissement pour les yeux et le coeur.
Je savoure cette douce saison de mon balcon alors que nous vivons un automne particulièrement agréable et chaud.

Je me sens en paix, calme et sereine...


🍀


mercredi 11 octobre 2017

Dodo & Unrest de Jennifer Brea

Tout d"abord un court récit dans lequel peut être, certaines personnes affectées par l'EM se retrouveront.

Au lit hier vers 19:30, je me suis réveillée vers 12:30, ma vessie faisait des siennes. Je me rends à la salle de bain vite fait, et je replonge sous les couvertures. 

Je me réveille à nouveau: vessie pleine. 
Encore? Non mais....
Je jette un coup d'oeil au réveil matin, les yeux sortis de la tête.  😕
Il était 6:00. 
Vous voyez ...? 
Sensation frustrante de manque permanent de sommeil. 
Une affamée de sommeil, en "crave" continu de repos.
Pas une sensation qu'il manque quelques minutes de sommeil, non, mais bien plutôt des heures voire des jours de sommeil qui manquent à notre actif.
Et dire que c'est comme cela à tous les jours....
Pas de la fatigue mais une masse d'épuisement, comme une chaine de montagnes qui s'étend à l'infini.



UNREST

 



Étrangement avec ce récit de sommeil pas réparateur, le titre du film de Jennifer Brea paraît presque ironique ou carrément "en plein dedans", comme on dit souvent au Québec.

J'ai eu la chance de pouvoir le suivre en entier.
J'ai pleuré une bonne partie du film, que j'ai dû écouter par tranches. Je pleurais de me reconnaître, de nous reconnaître.

Ce film a la puissance d'une bombe atomique. Ce documentaire devra et devrait être visionné par le monde médical, entre autre, pour tout ce qu'il apporte sur le plan humain tout d'abord, puis sur le plan social, médical  et je n'oublie certes pas le monde politique. Car oui, l'EM est une maladie qui étend ses racines jusque dans l'univers de la politique, ça ne peut pas faire autrement. Sinon, comment expliquer qu'après toutes ces années où la maladie a été dûment identifiée, nous, les personnes affectées par l'EM ne pouvons toujours pas compter sur des fonds de recherche sérieux qui se penchent sur cette maladie qui affecte des milliers de femmes, d'hommes, de d'enfants, d'adolescents et jeunes adultes dans la fleur de l'âge. Mais laissons la politique pour le moment.

La caméra est braquée sur ce que vit Jennifer Brea, jeune femme brillante à l'avenir radieux auprès de son époux, Omar. Rien n'est épargné ici pour vivre de près la longue quête, le chemin en zig zag de la santé de Jennifer. Elle est debout sur ses jambes, rampe car mal en point. Puis elle sourit, se balade au soleil, va mieux puis replonge.  

La vraie vie avec l'EM, quoi.

Ce film est rude et doux à la fois, car il est....vrai. Si l'on admet que la vie n'est pas un jardin de roses, il nous faut bien admettre que lorsqu'une maladie comme l'EM nous tombe dessus, la vie prend alors de teintes qu'on ne soupçonnaient tellement pas, et c'est ce que Jennifer Brea nous amène à vivre avec elle, à chaque minute de ce documentaire d'une grande profondeur. Je le recommande fortement à tous ceux qui sont malades de l'EM- et d'autres maladies après tout- et à ceux en santé, à plus forte raison.

D'une intelligence fine, ce film réussit tout de même à porter notre attention sur quelque chose que les personnes affectées par l'EM semblent avoir en commun. En effet, malgré la déchéance des nombreux malades d'EM à travers le monde que nous pouvons enfin voir et entendre, on sent combien la vie, même parfois faiblement,  continue malgré tout d'habiter ces êtres gravement malades. Bien sûr, plusieurs en ont décidé autrement et ont mis fin à leur vie. Une autre réalité qui ne nous est pas cachée, loin de là.

Comme personne affectée par l'EM, j'apprécie ce film car il rend visible ce que nous, les PAEM, n'osons souvent pas montrer à nos proches pour toutes sortes de raisons. Par peur d'être incompris, jugé ou traité de fou ou folle, nous masquons nos malaises, nous forçons la note pour ne pas montrer que ça ne va pas, nous forçons nos corps à avancer, produire, ou jouer un rôle quelconque. Alors qu'à l'intérieur, ça crie.  On craint tellement.......avec raison, et parfois peut être pas. Difficile d'être soi-même, d'être un ou une malade. Dur à croire, mais c'est pourtant vrai. On aimerait tellement être "normal' alors on fait tout pour en avoir l'air.

Revenons à UNREST.

Bravo Jennifer pour ce courage titanesque que tu as eu de ne pas avoir épargné les réalités de ce qu'est de vivre chaque jour avec l'encéphalomyélite myalgique. 
Ça prend un sacré courage pour dire et montrer les vraies chosesééé

Je reviens au concept de "bombe" de ce film: le poids du nombre de personnes affectées par l'EM vient d'augmenter considérablement dans le monde avec ce film. 
Pourquoi? 
Parce qu'avec ce documenaire, Jennifer Brea nous a rendu soudainement,  assurément et durablement très VISIBLES.


Merci à Jennifer et Omar. 
Merci à tous ceux qui ont travaillé pour faire naître ce documentaire magistral.
Merci à toutes les PAEM du monde qui ont accepté de se rendre visibles.

Un film à grande résonance qui fera assurément de grandes vagues.
Dans tous les cas, c'est mon souhait le plus cher.

dimanche 8 octobre 2017

Un petit projet pilote, ça vous dit?



Bon dimanche à vous tous.

Je suis encore dans ma remise sur pied suite à un crash comme vous l'avez peut être lu.
Depuis, j'ai vécu de la colère, de l'apitoiement, et le vide.
Puis plus rien.

La tornade d'émotions semble s'être tue pour le moment, et mon esprit s'apaise doucement en même temps que mon corps qui lui aussi, s'apaise.

Il n'y a rien de magique à faire lorsqu'on est dans cet état: c'est le mot REPOS, repos et repos en tout genre, à appliquer et à suivre. J'y reviendrai dans un autre billet.


Petit projet pilote...


Aujourd'hui, je vous fais part d'un petit projet pilote que j'ai pensé tenter pour quelques semaines, le temps de voir comment ça se passe. 

J'ai créé ma page sur Facebook

Je me suis dit que nous pourrions être en contact d'une autre façon, et ainsi communiquer et échanger nos idées et expériences en lien avec le fait de vivre avec l'EM ou de côtoyer une personne affectée par cette maladie.

En toute franchise, je ne connais pas encore toutes les fonctionnalités de FB, mais j'espère ainsi rejoindre d'autres personnes affectées par l'EM (PAEM) ou des personnes intéressées par cette maladie et ses impacts. 

Je pense continuer à vous parler des mes expériences mais aussi de communiquer des informations courtes sur l'EM au fil de mes recherches et lectures sur le web.

Je crois avoir activé la traduction en anglais mais je devrai m'en assurer et vérifier de nouveau si tout est correct. Si toutefois vous êtes anglophone, il est possible de m'écrire en anglais bien que parfois j'ai l'impression de le perdre lentement. Il me fera plaisir de vous accueillir sur cette page FB et de vous répondre dans la mesure du possible. Il est aussi toujours possible de m'écrire à mon courriel: mwasikitoko07@yahoo.ca

Enfin, si vous avez des informations, des résultats de recherche ou des questions, n'hésitez pas à communiquer avec moi de la manière qui vous convient le mieux. Aussi, vos suggestions seront les bienvenues chers lecteurs.

Au plaisir de vous accueillir sur cette page et qui sait, de pouvoir échanger  :) 


🌻

mercredi 4 octobre 2017

Suite de la petite annonce.

 🚩



Ce sera bien une première pour moi d'écrire deux fois le même jour sur ce blogue. C'est important pour moi, car je viens de comprendre ce qui m'arrive. Je suis une sorte de cordonnier mal chaussé du jour, croyez-moi 👡

Depuis le temps que j'écris sur l'EM et sur mes expériences, je devrais pourtant savoir ce qui m'arrive. Eh bien j'ai vraiment perdu de vue que je suis en épuisement neuro-immunitaire post-effort (ENPE), la "marque de commerce" ou signature typique à l'EM pour ce qui est des réactions physiques fortes et à retardement.

Dans le jardon populaire, je suis en CRASH.
Corps qui brûle de partout, alerte aux pompiers c'est le cas de le dire 🚒.

C'est en essayant de faire ma sieste que j'ai fini par allumer sur le fait que je suis en crash, effet direct de la session de physio d'il y a deux jours. Oui, vous avez bien lu: réaction du corps jusqu'à plusieurs jours après l'activité physique ou mentale en question. 

Trop fou mais c'est la réalité.

Mon corps réagit au léger massage des mollets, celui là même que je qualifiais pourtant "d'orgasme de mollets". L'orgasme s'est transformé en....épuisement profond et super douloureux.

Quand je suis dans cet état, je me rappelle que mes idées et humeur sont plus sombres que jamais. C'est exactement où je suis. Je pleure d'un petit rien, et souvent je n'ai besoin que de cet épuisement pesant pour pleurer comme une femme qui n'en peut plus d'ajouter encore et encore de la douleur à sa vie.

Je vais devoir réfléchir sérieusement à ce qu'il faut faire avec la physio, mais déjà il est très clair que lorsqu'on touche mon corps même si ça semble léger, ce dernier impose sa loi et crie de partout. 

Le fait de comprendre exactement ce qui se passe aide un peu: il me reste à me reposer, ralentir au maximum les activités afin de laisser le corps refaire son énergie à son propre rythme. 

Dans les prochaines heures et jours, je me concentre sur ce repos nécessaire pour que mon corps-costume se refasse :) 


🙏

Petite annonce: échange de corps recherché.

"Corps mature de femme de 56 ans ayant donné la vie à 5 personnes, dans un état de marche ralenti, avec des maladies dûment diagnostiquées comportant douleurs, raideurs et épuisement quotidien. La propriétaire de ce corps souhaite procéder à un échange avec un autre corps en meilleure condition, capable de fonctionner, de dormir, le tout sans maladies. Un certificat confirmant l'état sain du corps sera demandé. Cliente sérieuse dans sa démarche"

😔😞😰


Ouf. 
Aujourd'hui, j'aimerais bien afficher cette annonce plutôt bizarre sur les sites d'annonces en ligne.
Nuit difficile.
Insomnie.
Fortes douleurs aux jambes, mollets, pieds, hanches.
Sensations de corps en feu
Je tourne, tourne encore.
Mon corps cherche à se positionner, à trouver du confort, si minime soit-il.
Les douleurs crispent le corps un peu partout, et empêche l'endormissement.

On croit qu'on peut reprendre le sommeil le matin, en trainant au lit.
Pourtant, il n'en est rien.
Trop épuisée pour continuer à dormir alors que la lumière du jour est là.
Alors je me lève et me traine jusqu'à la cafetière, premier réchauffement du corps le matin.
Mon décaf du jour :)

Mon coloc me regarde et fronce les sourcils: il sait, juste à me voir.
Je lui dit exactement ou j'en suis: " je veux sortir de ce corps, je n'en peux plus. Je veux un autre corps"...Je crois que c'est de là que m'est venue l'idée d'une petite annonce pour un échange de corps.

Ras-le-bol mais qu'y puis-je....

Je maintiens quand même mon rendez-vous chez ma coiffeuse: même si je veux me débarrasser de ce corps qui me tape sur les nerfs, pour le moment je vais tout de même l'entretenir avec une coupe de cheveux :). Après, on verra bien....

mardi 3 octobre 2017

Physio, le jardin et la vie.

Bonjour chers lecteurs,

Comment allez-vous aujourd'hui?

Hier était le jour 2 des rencontres en physiothérapie. Avec la spécialiste, on a commencé avec de bonnes nouvelles: la mesure de l'angle de "pliage" de mes jambes démontre une amélioration comparativement à la semaine précédente. Eh ben ça alors :)

J'ai aussi fait mon petit compte-rendu des étirements proposés à raison de deux fois par jour. Rapidement, je me suis rendue compte que c'était trop pour mon corps, et j'ai donc décidé de réduire à une fois par jour en diminuant aussi l'intensité des étirements. J'ai bien fait de m'écouter! EN y ajoutant une petite ballade à pied, les étirements sont aussi une activité qui s'ajoute à la marche, donc prudence.

Bien sûr, mon corps a réagit avec une hausse de douleurs au niveau des jambes, des hanches la semaine dernière pour au moins 3 jours d'affilée. J'essaie de diriger mon attention vers la partie inférieure de mon corps plus spécialement.

Séance d'hier intéressante en termes de sensations physiques assez variées, c'est le moins que je puisse dire. Ayant expliqué combien mes mollets sont tellement douloureux, la physio a proposé un massage avec une crème forte donnant des sensations de chaud/froid. Elle débute mais très vite, je réagis car c'est trop fort pour moi puis elle diminue la force de la pression....

Argggggggh!! Une super sensation de douleur mélangée à une aussi de bien-être se diffuse lentement dans mes mollets, quasi un "orgasme de mollets" si cela se peut, tellement ça m'a fait du bien....sur le coup. Toujours étalée sur le ventre, la physio a appliqué deux bons sacs de glace sur mes hanches et hop! quinze minutes à laisser agir la glace et la chaleur dans les mollets. Bien étalée comme une crêpe, je fermais les yeux pour sentir comment le froid entrait en lutte avec la chaleur ressentie dans mon corps. Ne sachant pas trop quoi faire de mes bras, je les laissaient pendre de la table ou je les plaçaient sous ma tête.

La séance terminée, je suis repartie avec le sourire et des hanches surgelées sur le chemin de la maison. 

Aujourd'hui, je suis en petit tas de poudre. J'ai mal partout comme si je me suis battue: mal aux hanches, aux bras (alors que ces derniers n'ont rien fait de spécial sauf pendre ou se plier), et même aux pieds. Pourtant, pourtant.....J'étais pratiquement certaine d'avoir bien mesuré la pression de la physio et d'avoir respecté le rythme de mon corps.  La physio m'a même expliqué que la pression appliquée pendant le massage était la plus basse. Ouf, j'ose pas imaginer sa pression pleine capacité! Mon corps ne pourrait certainement pas le vivre, c'est clair. Je vis depuis déjà quelques années avec l'EM, et pourtant, je suis encore impressionnée et marquée par les réactions physiques à retardement de mon corps face à différentes situations ou contextes. Sacrée EM, va.



Une partie de la récolte


Après la canicule des derniers jours, j'apprécie l'arrivée plus officielle de l'automne qui est devenue ma saison préférée. Un peu plus frais comme météo avec des nuits froides, on se dirige résolument vers cette belle saison. Alors qu'il faisait un beau soleil, je me suis installée au jardin, motivée à cueillir les derniers légumes que le jardin nous avait offert. Avec mon petit siège pliant de camping, j'ai trié les tomates par grosseur et maturité. Je ne peux plus faire autant que je veux maintenant en terme de jardinage, mais il me reste des options telles que m'assoir pour l'arrosage, cueillir quelques légumes ou recueillir les semences de ces derniers pour jardiner l'été prochain...J'ai beaucoup aimé ces quelques minutes au soleil, ce qui m'a réchauffé :)  Respirer l'air frais est une de mes priorités tout dépendant du niveau d'énergie disponible bien entendu.


La vie

Le quotidien se poursuit, avec ses papiers administratifs à classer, à répondre etc. J'ai contacté Retraite-Québec (RQ) pour savoir où ils en sont avec mon dossier. Pour rappel, cette deuxième entité administrative doit aussi se prononcer sur mon invalidité même si mon employeur, lui, a déjà affirmé que je suis invalide à vie.  Eh ben pas beaucoup d'avancement de ce côté: j'ai su par contre que je serai invitée à faire une expertise dans une clinique de la douleur. Reste à recevoir ces documents et soumettre l'information à mon avocat pour avoir son avis sur cette expertise.

Je trouve tout cela lourd, fatiguant, drainant moralement et physiquement. Ça n'a pas de sens que les personnes malades et épuisées aient à passer à travers ce dédale terrible. Je ne peux pas y faire grand chose sinon que d'y aller un jour à la fois, un papier à la fois. Chaque petit pas compte et me mène plus loin même si parfois j'ai l'impression qu'il me coûte aussi cher à produire.

J'essaie de mettre la loupe sur des petits plaisirs du quotidien comme lire dehors au soleil, appeler une amie ou juste savourer le silence et la belle lumière d'automne.

La saison des pieds gelés a repris ses droits mais sérieusement, je préfère encore avoir les pieds gelés que de vivre des canicules :)  Quel plaisir de mettre de bons bas de laine bien avant que le neige ne tombe....⛄